Boutique à l’honneur : Entrevue avec Benoit Debroize de Vintage Guitars

Benoit Debroize est le fondateur du magasin Vintage Guitars à Rennes. Passionné et véritable dénicheur de guitares rares à travers le monde, nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus sur son parcours, son métier et son expertise.

Comment avez-vous débuté sur le marché de la guitare vintage ?

J’étais intermittent du spectacle, technicien dans les festivals et salles de concert, pendant une petite dizaine d’années. Au début j’achetais des guitares juste pour moi et les copains et puis ça a pris de l’ampleur.

En 2008 j’ai monté une boîte pour faire ça dans les clous et je me suis professionnalisé petit à petit en montant en gamme progressivement. Pendant quelques temps j’ai exercé les deux activités avant de me consacrer entièrement aux guitares.

Je voyais bien que les vieilles guitares étaient bien meilleures que ce qu’on trouvait en neuf en magasin.

Vous avez plusieurs pièces incroyablement vieilles et rares, une Weissenborn Teardrop de 1927, une National Duolian Supro de 1939, où avez-vous trouvé ces merveilles ?

La Weissenborn vient d’une collection privée en Allemagne, je suis allé la chercher en voiture il y a quelques années à Munich. Je suis resté en contact avec cette personne qui m’a depuis revendu d’autres petites pépites.

La Supro a été trouvée sur un vintage guitar show, à Philadelphie précisément. Elle appartenait à un vendeur du coin.

Le marché vintage en France est-il florissant, ou dénichez-vous les instruments dans d’autres pays ?

Le marché en France est limité par rapport à ce qu’il est aux Etats Unis mais il y a tout de même beaucoup de collectionneurs ici.

Il est assez difficile de s’approvisionner en France, c’est pour cela que je me rends aux Etats Unis tous les 3, 4 mois.

J’aime les salons et avoir les guitares dans les mains, c’est aussi un moyen de passer un bon moment avec les autres vendeurs, d’échanger sur tous ces sujets qui nous passionnent. On voit toujours des instruments fantastiques sur les salons. La dernière fois à Arlington au Texas j’ai vu une National roundneck style 97…ça fait quelque chose.

Le vintage est clairement une niche sur le marché de la musique, comment attirez-vous les acheteurs potentiels ?

Sur Internet beaucoup, mon site est bien référencé et puis le bouche à oreille fonctionne bien. Localement je vends beaucoup de guitares rock, c’est très demandé à Rennes. J’ai la chance d’avoir une clientèle fidèle et qui en parle.

Mais Internet est indispensable, tu peux toucher des gens partout sur la planète, j’ai envoyé des guitares dans des dizaines de pays grâce à ça.

Quelle est la guitare la plus rare que vous ayez rencontrée ?

Sans aucun doute une Gibson double manche de 1938. Un manche 6 cordes et l’autre carré avec 8 cordes pour jouer hawaïen. Monté avec deux micros Charlie Christian. Une commande spéciale d’un client belge et probablement une des premières guitares électriques non hollow-body avec manche espagnol comme on disait à l’époque .

Avec tout le travail que ça représente et la qualité unique de chaque guitare, cela doit être difficile de se séparer de certaines d’entre elles, Y a-t-il des guitares que vous ne vendrez jamais ?

Non je me dis souvent que je ne vendrai jamais ceci ou cela et puis je finis toujours par changer d’avis et avoir envie d’autre chose….

La Teardrop Weissenborn est resté quelques années à la maison, aujourd’hui ma guitare de tous les jours est une Gibson L-00 noire et blanche avec touche surélevée qui date de 1933. Je l’adore mais peut-être finirais-je un jour par la vendre.

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