Boutique à l’honneur : Le Guitarium

Situé, depuis plus de huit ans, dans l’incontournable quartier de Pigalle à Paris, le Guitarium propose une sélection pointue de guitares vintage de tous horizons. Que vous soyez à la recherche d’une Martin des années 40, d’une Gibson introuvable ou d’une Stratocaster ayant appartenu à un artiste, le magasin regorge de trésors.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer Ben, qui, avec Fred, est aux commandes de la boutique depuis toujours, pour lui poser des questions en lien avec les références incontournables qu’il est possible de découvrir au Guitarium.

Le Guitarium est une étape de choix pour tout musicien qui flâne dans les environs de la rue de Douai, comment est née l’aventure ?

Ben et Fred

En 2010, après avoir été pendant de nombreuses années musicien professionnel, j’ai décidé de mettre entre parenthèses ma carrière pour me consacrer à ma passion : les instruments de musique et plus particulièrement le conseil et la vente de ces guitares et basses chargées d’histoire.

J’ai commencé par bosser dans pas mal de magasins de musique de Pigalle alors que j’avais à peine dix-huit ans, une sorte d’enfant du quartier. Je m’étais dit que, si un jour, je venais à vouloir ouvrir mon propre magasin de musique, ce serait forcément ici, c’est maintenant chose faite.

Ma toute première boutique était vraiment minuscule, un véritable mouchoir de poche d’une quinzaine de mètres carrés. Dès le début, mon choix s’est porté sur l’occasion, je ne voulais pas faire de neuf et ce n'était, à l’époque, vraiment pas évident de pouvoir proposer des gammes qu’on retrouve d’habitude dans les magasins de musique plus traditionnels.

C’est ma passion pour le vintage qui l’a emporté, et je me suis lancé. Dès le début, de nombreux amis musiciens ont décidé de mettre en vente leurs instruments dans ma boutique. Pour l’anecdote, les premiers jours, pour faire rentrer des clients, j'accrochais ma Gibson ES-330 de 1966 en vitrine. Je ne voulais pas la vendre, mais c’était une façon d’engager la discussion, et ça a marché.

Deux ans plus tard, j’ai pu déménager dans un nouvel endroit beaucoup plus grand, dernièrement nous avons rassemblé deux magasins dans un lieu encore plus vaste, Le Guitarium et Point2Point, une boutique spécialisée dans les effets et les amplis.

Quand on regarde ce que vous proposez dans votre boutique, on a des étoiles dans les yeux. Comment on s’y prend pour trouver des instruments aussi incroyables ?

Au départ, j’ai commencé par vendre pas mal de mes guitares, j’avais constitué une petite collection pendant que j’étais musicien, et comme je te l’indiquais, beaucoup de mes amis sont venus me déposer leurs instruments au fur et à mesure, en dépôt-vente, je me suis vite retrouvé à l’étroit avec plus d’une centaine de guitares dans un minuscule espace. Chaque jour, je risquais ma vie pour récupérer les housses que j’arrivais à glisser dans une sorte de mezzanine un peu improvisée au-dessus de la caisse.

J’ai aussi passé beaucoup de temps à chercher des instruments que je faisais venir des États-Unis. De fil en aiguille, les musiciens ont passé le mot et j’ai rapidement été contacté par des collectionneurs qui souhaitaient vendre une partie de leurs collections de guitares.

C’est vraiment une histoire de réseau, on entend parler d’une guitare, ou d’un lot. On connaît quelqu’un qui connaît le type en question. On peut facilement se mettre en relation et faire venir les instruments en magasin, et parfois, on tombe un peu à la renverse en voyant les merveilles qu’on nous apporte.

En parlant de merveilles, tu as en tête un ou plusieurs instruments ?

Il y en a eu tellement… Mais j’ai quand même un souvenir assez net de plusieurs instruments qui étaient arrivés en même temps, c’était un lot de plusieurs basses Fender Precision vintage, avec des modèles complètements fous.

J’en ai toujours en stock, il me reste une 57, une 59 et une Fiesta Red de 1965. Des fois, tu as des musiciens qui arrivent avec quatre ou cinq guitares et tu te pinces pour voir si tu n’es pas en train de rêver quand tu ouvres les étuis.

En ce moment, on a une Telecaster de 1962 en Fiesta Red, c’est une guitare qui, dans cette couleur, est incroyablement rare. C’est encore plus rare que les Strat Fiesta Red de la même époque.

J’ai aussi une Fender Stratocaster de 1958 qui a appartenu à Lenny Kravitz, c’est une vraie bombe atomique, elle géniale à jouer, elle sonne du feu. Bref, une tuerie. On a aussi une Gibson Country Western de 1965 qui appartenait à l’un des membres du groupe Coldplay.

On a aussi une Gibson Country Western de 1965 qui appartenait à l’un des membres du groupe Coldplay. Personnellement, je suis un grand fan des acoustiques, surtout les vieilles Martin des années 40 et 50.

Fender Stratocaster de 1958 issue de la collection de Lenny Kravitz

Comment fait-on pour entretenir et régler toutes ces guitares, vous travaillez avec un luthier ?

C’est Fred, avec qui je bosse au magasin depuis des années, qui s’occupe de ça. On aime les instruments vintage, alors on en prend soin directement sur place, nos clients achètent des instruments réglés dont on a vraiment pris soin. Une autre chose importante, on a une vraie expertise au niveau des guitares et des instruments anciens. On est capable de dater, de confirmer ou d’infirmer si telle pièce est d’origine ou si tout est cohérent dans un instrument. C’est un point crucial lorsqu’on achète du matériel vintage.

S’il y a un gros travail à faire, comme rattraper un vernis ou changer des frettes, on passe par un luthier, qui lui a les outils nécessaires et l’atelier pour effectuer ce genre de travail.

Si on veut remonter le temps, quelle est la guitare la plus ancienne en boutique en ce moment ?

Il y en a en fait deux. Ce sont des Martin de 1941, une 5-17 et une 015. Elles sont vraiment en superbe état après plus de soixante-dix-sept ans. Après, j’ai déjà vu passer des guitares romantiques du XVIIIe siècle, mais on s’éloigne un peu de notre cœur de métier avec ce genre de modèle.

Quels sont les instruments à côté desquels il ne faut pas passer en ce moment ?

Sans hésiter, la Telecaster Fiesta Red de 62. On a aussi une Gibson ES-175 de 1949, fabriquée la première année de production. On peut également noter une superbe Martin 000-28 de 1968 en palissandre de Rio, un bois pratiquement impossible à trouver maintenant en raison de son statut de protection, on part donc obligatoirement sur ce genre d’instruments vintage lorsqu’on cherche ce type de guitare dans cette essence de bois.

Vous avez une boutique Reverb qui regorge d’instruments incroyables, qu’est-ce qui vous plaît dans votre utilisation du site ?

Avoir une présence en ligne est totalement indispensable maintenant, et c’est tout à fait compatible avec le fait d’avoir une boutique physique qui a pignon sur rue. Être sur Reverb permet d’avoir une très bonne visibilité en ligne, c’est une plateforme sûre qui est très bien référencée et qui permet de toucher le monde entier plus facilement.

Un type au fin fond de l’Arkansas, du bush australien ou de la campagne anglaise tombera plus facilement sur nos annonces via Reverb que s’il devait trouver et passer par notre site directement.


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