Les Kits de Légende : Ringo Starr

Dans cette nouvelle série « Les kits de légende », c'est bien sûr aux batteurs qui ont forgé l'histoire de la musique que nous souhaitons rendre hommage, et en particulier au matériel qu'ils utilisaient sur scène ou en enregistrement. Aujourd'hui, partez à la découverte des éléments et des caractéristiques des kits utilisés par le batteur d'un groupe devenu légendaire.

Batteur emblématique des Beatles, Richard Starkey alias « Ringo Starr »est une icône reconnue du monde la musique. Musicien au son inimitable, il fut nommé cinquième meilleur batteur de l'histoire du Rock par le magazine Rolling Stone en 2011.

De 1962 à 1970, les Beatles enregistrèrent 12 albums Studio et donnèrent plus de 400 concerts à travers le monde entier. Durant ses huit années passées au sein des Beatles, Ringo Starr utilisa six kits dont cinq fabriqués par Ludwig. Grâce à sa notoriété, la mythique marque américaine a même connu un véritable boom au milieu des années 60.

Retour sur les kits de légende qui ont marqué sa carrière.

L'avant Ludwig

Kit « Premier » de Ringo Starr de 1960

À son arrivée au sein des Beatles, Ringo Starr possédait une batterie Premier « Duro-plastic » achetée précédemment avant d’aller jouer avec son groupe « Rory Storm & The Hurricanes » à Hambourg en 1960.

Ce set était composé d'une caisse claire 14"x4" Royal Ace au son puissant, d'une grosse caisse de 20"x14", d'un tom de 12"x8" et d'un tom basse de 16"x16". Les fûts étaient constitués de trois plis de bouleau avec renforts de chanfreins. Bien que ce fut un kit de moyenne gamme, il sonnait plutôt bien.

Lorsqu’il rejoint le groupe Ringo utilise cette batterie pour bon nombre de lives ainsi que sur les premiers enregistrements studio des Beatles. On peut notamment l'entendre sur les célèbres morceaux « Love me Do », « P.S. I Love You », ou encore « Twist and Shout ».

Les Ludwig Downbeat

En avril 1963, Brian Epstein (alors manager des Beatles) accompagne Ringo Starr pour qu’il puisse acheter un nouveau kit au Drum City Music Store de Londres. Il tombe alors sur la désormais mythique batterie « Ludwig Downbeat Oyster Black Pearl ».

Le coloris atypique de la finition des fûts et le fait de pouvoir jouer sur une batterie fabriquée aux USA vont le conduire à choisir ce nouveau kit au premier coup d'œil. Ringo prend possession de sa Ludwig le 12 mai 1963 pour le premier passage en tête d'affiche des Beatles dans l'émission télévisée « Thank You Lucky Star ».

Ludwig Downbeat Oyster Black Pearl des années 60

La batterie est livrée depuis le magasin Londres par le propriétaire de Drum City directement à Birmingham où se trouvent les studios de télévision de l'émission. Ringo utilisera son kit Premier pour les répétitions avant de passer sur sa nouvelle batterie Ludwig pour l’enregistrement.

Cette batterie est composée d'une grosse caisse de 20"x14", d'un tom de 12"x8", d'un tom basse de 14"x14" (le tout en 3 plis acajou / peuplier / acajou), ainsi que d'une caisse claire Ludwig Jazz Festival en 14"x5.5".

Ringo utilisera ce kit intensément de mai 1963 à février 1964, l'utilisant sur plus de 200 lives en Europe et 180 enregistrements studio. Elle sera vendue aux enchères en 2015 pour près de 2,1 Millions de Dollars.

Le 9 février 1964, les Beatles font leur première apparition télévisée aux États-Unis pour le célèbre « Ed Sullivan Show ». Pour l'occasion, Ringo fait l'acquisition d'une seconde Ludwig Downbeat Oyster Black Pearl aux dimensions identiques à la première.

Jimmy Nicol derrière le kit de Ringo en 1964 aux Pays Bas

Ce soir-là, plus de 73 millions de téléspectateurs assistent à l'événement devant leur poste de télévision, donnant alors une visibilité sans précédent aux marques sur lesquelles les Beatles jouaient alors à l’époque (Höfner, Rickenbacker, Gretsch et Ludwig).

Dès le lendemain, les magasins de musique sont pris d'assaut et dans les semaines suivantes les ventes de ces marques et en particulier celles de Ludwig s'envolent. En deux ans, la marque de batterie Ludwig double ses ventes et doit agrandir son usine de Chicago qui tourne alors 24 heures sur 24.

Il est à noter que lors des quatre concerts donnés aux États-Unis lors de leur tournée de février 1964, le tom de 12" du kit de Ringo fut monté et joué à l'envers comme en témoigne de nombreuses photos.

Cette batterie plus connue sous le nom de « Sullivan Kit » fut ensuite utilisée par Ringo de pair avec son précédent kit pour les enregistrements et les concerts des Beatles jusqu'à la fin mai 1964, juste avant leur première tournée mondiale.

The Beatles - I Want To Hold Your Hand -The Ed Sullivan Show, 1964

Les Ludwig Super Classic

Sur le point d'entamer leur première tournée mondiale, début juin 1964, Ringo Starr se voit offrir un nouveau kit.

Kit Ludwig Oyster Black Pearl Super Classic

L’entreprise Ludwig, très reconnaissante envers le batteur, lui donne un kit Ludwig Super Classic, toujours dans une finition Oyster Black Pearl, mais aux dimensions plus imposantes : grosse caisse de 22"x14", tom de 13"x9", et tom basse de 16"x16".

Cette batterie sera celle la plus utilisée par Ringo au sein des Beatles et l'accompagnera pour toutes les dates, télévisions, promo, et enregistrements jusqu'à la fin de l’année 1968.

Pour leur tournée américaine de 1965, Ringo Starr utilisa une autre Ludwig Super Classic aux caractéristiques identiques qu'il laissera aux Etats-Unis en fin de tournée.

La Ludwig Hollywood

La dernière batterie qu'utilisa Ringo Starr au sein de Beatles était bien différente. En 1968, Ringo change radicalement de kit en optant pour une Ludwig Hollywood en érable et en finition naturelle. Les raisons de ce choix sont intéressantes.

Ringo derrière son kit Ludwig Hollywood en 1969 sur le toit d'Apple

De février à avril 1968, les Beatles font un séjour en Inde avec des amis afin de se ressourcer et de recevoir des enseignements de méditation transcendantale. Lors de ce séjour, Donovan Leitch qui les accompagnent explique à John, Paul et George que selon lui les guitares sans finitions « lourdes » (peinture, vernis) sonnent et « respirent » mieux.

De retour à Londres pour l'enregistrement du White Album, John Lennon et George Harrison font sabler leurs guitares Epiphone Casino mettant le bois à nu et sont rapidement convaincus du résultat. Paul décide donc de faire subir le même traitement à sa basse Rickenbacker. C’est donc dans ce même esprit que la Ludwig Hollywood natural maple fut donc commandée pour Ringo.

Il reçu le kit fin 1968 et l'utilisa partiellement sur le White Album. Il fut ensuite utilisé pour les enregistrements des albums Let it Be et Abbey Road , ainsi que pour les lives du groupe et en particulier lors du dernier concert public des Beatles sur le toit d'Apple Records le 30 janvier 1969.

The Beatles - Don't Let Me Down, 1969

Au final, Ringo Starr restera fidèle pendant plus près d’une décennie à la marque qui fabrique des batteries dans la ville de Chicago aux États-Unis : Ludwig.


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