7 guitares qui mériteraient d'être rééditées

Rien de mieux qu’une suite pour tout gâcher. S'il y a bien un endroit où cet adage échoue souvent, c’est dans le monde des guitares rééditées.

Bien sûr, il y aura toujours des musiciens qui joueront exclusivement sur les modèles originaux qui sont à leurs yeux des valeurs sûres. Et on peut les comprendre, toutes les rééditions ne sont pas équivalentes. Mais la plupart du temps, les musiciens apprécient une bonne réédition, et il y en a eu beaucoup ces dernières années.

Malheureusement, un bon nombre de candidats évidents et d’excellents modèles de guitares n’ont pas eu ce privilège pour une raison ou pour une autre.

L’année dernière, nous avions publié « 4 guitares qui devraient être rééditées », mettant en lumière de superbes guitares comme la Gibson Marauder, la Gibson SG Melody Maker des années 60, la Silvertone 1446, mais aussi la basse Fender Musicmaster. Dans cet esprit, nous sommes de retour avec une liste de rééditions fictives (et potentiellement désastreuses). Sans plus tarder, voici les 7 autres guitares qui mériteraient d'être rééditées.


La série des Stratocaster et Telecaster Fender Highway 1

À l’ère de la stratocaster American Original, il n’existe pas d’autres guitares de l’histoire moderne de Fender qui méritent le plus un comeback que celles de la série des Highway 1. Pour une génération entière de guitaristes, cette série représente la première entrée de gamme des Fender Stratocaster et Telecaster américaines. Ces guitares ont un son très distinctif et sont devenues, au cours de leur évolution, les Stratocaster et Telecaster les plus mémorables de ces trente dernières années.

Introduite sur le marché en 2002, la série des Highway 1 avait plus de mojo et de fonctionnalités qu’il était possible d’imaginer, et proposait un prix abordable pour les guitaristes à la recherche d’une Fender américaine. Ces modèles ont créé l’évènement dans le monde de la guitare grâce à leurs allures vintage, leurs manches confortables au profil en C, leurs finitions simples mais élégantes. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’il existe beaucoup de confusions entre les différentes finitions des guitares Highway 1.

La guitare Fender Stratocaster Highway 1 de 2004
La guitare Fender Telecaster Highway 1 de 2010

Beaucoup de guitaristes et de vendeurs supposent que le premier lancement de la Highway 1 entre 2002 et juillet 2006 proposait les modèles en finition satin nitro, en raison de la façon qu’elles avaient de se patiner très facilement. Mais la vérité est tout autre, puisque la première série de guitares Highway 1 était en finition satinée polyacrylique. La finition satin nitro sur les Highway 1 à finition polie n’a été présentée que lors de la deuxième sortie des guitares Highway 1, inspirées des années 70, à l’automne 2006.

Bien qu’il semble exister un plus grand engouement pour le modèle original, les deux guitares sont des Fender de qualité, et les Telecaster sont aussi mémorables que les Stratocaster.

Fender pourrait potentiellement rééditer la version satin poly qui a très bien vieilli et réserver la finition nitro-over-poly à la série American Original. S’ils s’en tenaient aux originaux, ils pourraient très bien recréer accidentellement un modèle très compétitif par rapport à leurs guitares haut de gamme.


Les guitares de la série Fender Lead

Une autre guitare de l’histoire de Fender qui mériterait une revisite, est la Fender Lead. Introduite en 1979 avant de disparaître en 1982, la série des Lead devient rapidement un modèle culte parmi les guitaristes. Elle représente une des meilleures guitares américaines de l’âge sombre de Fender. Avec une tête plus petite inspirée des guitares pré-CBS, le design de la Fender Lead signale un retour aux manches plus classiques que ceux de l’ère CBS des années 70 qui étaient alors plus larges et équipés d’un truss-rod « bullet » .

La Fender Lead I de 1981

Équipée d’un manche au profil « Soft-C » de 65 cm et d’un grand nombre d’options de micros, la série Lead fait rapidement ses preuves en tant que modèle bon marché dans l’ère pré-Dan Smith/ Fender Japan. Ce qui est intéressant avec ce modèle, c’est qu’elle ne sonne pas tout à fait comme une Stratocaster ou une Telecaster, ou un autre modèle de la gamme Fender. De plus, les Fender Lead sonnent très bien en tant qu’instrument seul et possède un son clair et riche assez impressionnant pour ce genre d’instrument. Est-ce que j’ai mentionné le fait que leur design est super cool ? Voilà, c’est fait.

Alors qu’à leur sortie, ces guitares n’ont pas remporté le succès espéré, elles ont vite conquis le cœur d’un bon nombre de guitaristes célèbres, dont Eric Clapton et Annie Clark. Il y a pas mal de guitaristes d’aujourd’hui qui seraient intéressés par une réédition de cette série unique.


La série des PRS McCarty Archtop

La guitare Mc Carty Archtop II de Paul Reed Smith

La série des McCarty Archtop de Paul Reed Smith est l’une des plus intéressantes et une des moins connues de l’entreprise basée dans le Maryland. Elle a débuté en 1998 et a disparu en 2001. Ces guitares ont gardé la coupe double-cut classique, mais arborent un corps plus profond. De plus, elles sont beaucoup moins volumineuses et envahissantes que votre Archtop de base et aussi plus légères.

La qualité de fabrication de ces guitares est très haute et le niveau de jeu dépasse la plupart des autres guitares PRS. Il existe beaucoup de différentes versions de McCarty Archtops, dont les modèles Artist Package équipées d’un micro piezo pour encore plus de possibilités. Ces guitares ont un son remarquablement chaud et clair et réussissent parfaitement à reproduire le son d’un archtop classique. Elles sont aussi capables de créer des effets modernes et de distorsion, contrairement aux autres archtops existant auparavant.

Globalement, alors que la McCarty Archtop n’a pas semblé marquer le monde des guitares et de PRS en édition originale, elle est plus qu’une très bonne guitare et mérite complètement une réédition de la part de Paul Reed Smith.


La série des PRS EG

Bien avant que John Mayer mette deux ans et demi à dessiner sa Silver-Sky style Stratocaster, Paul l’avait déjà battu trente ans plus tôt avec la série EG. Il est difficile de ne pas penser à la Silver Sky en regardant les guitares EG (particulièrement les modèles EG-3 équipés de trois micros simples). Ce sont des guitares de style Stratocaster américaine produites par Paul Reed Smith. Les EG sont connues pour être d’excellentes guitares, mais souffrent de l’image du modèle de Mayer, certes célèbre mais très controversé.

La guitare PRS EG 3 de 1993

Sortie en 1990, la série des guitares EG propose un certain nombre d’option micros (SSS, SSH, HHH, HSH) et un corps en aulne avec un manche en érable et touches en palissandre. Alors que PRS a, depuis, sorti des modèles inspirés des Stratocaster (notamment l’obsolète DC), la guitare EG était vraisemblablement celle qui s’approchait le plus de l’actuelle Stratocaster en dehors de la Silver Sky. Les EG ont fini par avoir une version entrée de gamme SE, réalisée en Corée au début des années 2000 pour aller avec le modèle américain précédemment sorti en 1995.

Compte tenu du regain d'intérêt de PRS pour les guitares style Stratocaster, la série EG mérite une revisite. Tous les guitaristes souhaitant une PRS style Stratocaster ne veulent pas une Silver Sky étiquetée John Mayer. Une résurrection de la série EG, retravaillée en modèle PRS style Stratocaster sans la connotation Mayer, pourrait attirer les fans de Fender chez Paul Reed Smith.


La Peavey T-60

Peavey, l’ancien poids lourd des sociétés de production de guitares américaines, a présenté la T-60 comme sa première six-cordes. Même si Peavey n’est plus une entreprise aussi grosse et populaire qu’elle a un jour été, il serait idiot de minimiser son rôle dans l’histoire de la fabrication de la guitare et de la guitare comme instrument en elle-même. Lorsque Peavey s’est mis à fabriquer la T-60 en 1976, l’objectif officiel de Hartley Peavey était de créer des instruments qui répondaient « aux demandes des musiciens professionnels » à « un prix juste et raisonnable ».

La Peavey T-60 de 1979

Avec la sortie de la T-60, Peavey a réussi son pari : s’établir en tant que nouveau compétiteur dans un marché de la guitare déjà bien occupé à la fin des années 70 et début des années 80. Grâce à sa mise en œuvre rationalisée et révolutionnaire des machines CNC dans la production de ses guitares, Peavey a pu réduire les coûts du processus de construction et se concentrer davantage sur de nouvelles fonctionnalités sonores.

La T-60 était esthétiquement très sobre, car sa fonction première n’était pas d’être un instrument « fashion ». La T-60 de Peavey se concentrait uniquement sur la performance et le son. Une des parties la plus impressionnante de cette guitare est son électronique et les micros exclusifs de Peavey qui permettent de passer d'un micro simple à un humbucker en faisant passer le son de 10 à 7.

Dire que la quantité de sons que vous pouvez obtenir sur une guitare T-60 est impressionnante serait un euphémisme, et il y a une bonne raison pour laquelle ces guitares sont toujours populaires. Dans l'esprit de renouer avec leurs premières années d'or, il pourrait être temps pour Peavey de rééditer la T-60.


L'Epiphone Coronet

Une autre marque de guitare qui a une histoire importante et souvent négligée dans l’histoire de guitare est la marque Epiphone. Ayant été une filiale du groupe Gibson pendant près d'un demi-siècle, on oublie souvent qu'Epiphone était à l'origine un concurrent. Après avoir été achetée par Gibson en 1958, Epiphone a commencé à sortir ses propres modèles de style Gibson fabriqués aux États-Unis dans l'usine Gibson. La Coronet est l'une de ces guitares Epiphone fabriquées par Kalamazoo chez Gibson qui a obtenu un respect bien mérité parmi les joueurs.

La guitare Coronet de 1961 d’Epiphone

Produite de 1958 à 1966, la Coronet était le parfait exemple de la guitare de rocker. Commercialisées en tant que modèle d'entrée de gamme, les Coronet étaient des guitares légères, double cutaway, de style Les Paul Jr., équipées d'un P90 en position chevalet. Beaucoup de joueurs emblématiques ont trouvé que ces guitares étaient tout sauf des instruments « d'entrée de gamme », y compris Jimi Hendrix, Johnny Marr et Kurt Cobain. Tout au long de leur évolution, les Coronet ont été d'une élégance inébranlable, faciles à jouer et à régler.

Même si cela semble évident pour Epiphone de rééditer la guitare Coronet dans sa forme originale, ni Gibson ni Epiphone n'a jamais sorti une réédition répliquant réellement l'original, en dépit de deux revivals précédents du nom et de la forme de la Coronet. Il va sans dire qu'une nouvelle réédition de la Coronet d’Epiphone équipée d'un P90 est attendue depuis longtemps.


La Yamaha SG-2C/3C

Enfin et surtout, les modèles japonais Yamaha SG-2C et Yamaha SG-3C des années 60. Certainement les guitares les plus bizarres sur cette liste de réédition, les SG-2C / 3Cs sont connues pour leur forme carrément unique. La forme de ces guitares est si étrange qu'elles aient parfois été appelées « Flying Banana » (Banane volante), « Eggplant » (Aubergine) ou « EarLobe » (Lobe d'oreille). À cette époque de leur histoire, Yamaha était connue pour ses designs incroyablement délirants, mais la « Flying Banana » arrive sur le haut du podium grâce à ses formes des plus époustouflantes et ses finitions de folie. Pourtant, assez étonnamment, ces guitares n'ont jamais été rééditées.

La Yamaha SG-2C

Mis à part leur look, ces guitares avaient un son fantastique et étaient connues pour être bien plus que des partenaires de jeu agréables. À bien des égards, les 2C / 3C étaient des instruments parfaits pour cette époque tant aimée et souvent imitée pendant laquelle elles ont été produites. Équipées de micros simple bobinage également fabriqués par Yamaha, les guitares 2C / 3C réussissent aussi bien à produire des sons surf à la Dick Dale en passant par le Rock'n'Roll sableux de Keith Richards ou des sonorités spaghetti-western.

Au fil du temps, les micros de ces guitares sont devenus de plus en plus microphoniques, comme beaucoup d'autres micros de l'époque. Cela dit, vous ne trouverez pas trop de gens se plaindre à leur sujet et ce genre de problème pourrait être retravaillé avec une réédition et des techniques plus modernes. Le seul vrai inconvénient de ces guitares est qu'il vaut mieux les jouer avec une sangle en raison de leurs formes volumineuses.

Ces 2C / 3C sont excellentes pour ce qu'elles étaient, et vous auriez du mal à trouver une autre série de guitares dans l'histoire de Yamaha qui soit plus appréciée par les fans. Allez Yamaha, ramenez la « Flying Banana ».


À propos de l’auteur : Basé à Brooklyn, Casey Hopkins est un écrivain et le guitariste/compositeur du groupe The Advertisers. Suivez @CaseyHopkinsGuitar sur Instagram pour ne rien manquer de son actualité

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