Le guide technique : une lampe, qu'est-ce que c'est au fait ?

Lorsqu’on commence à jouer de la guitare électrique, l’ampli « à lampes » est pour beaucoup de musiciens un véritable Graal qu’il faut atteindre par tous les moyens. Heureusement aujourd’hui, il en existe à tous les prix et le son à lampes est devenu accessible que ce soit en s’offrant du matériel vintage ou des petits amplis plus modernes.

Une lampe, qu'est-ce que c'est au fait ? La « lampe » ou « tube électronique » est un composant électronique qui a joué un rôle majeur dans l'amplification de nos guitares dès les années 1940. En français, on lui donne le nom de lampe en référence au fait que les premiers modèles fabriqués l’étaient grâce à des moules d’ampoules d’éclairage. On peut également parler de tube électronique qui est une traduction de l’anglais electron tube, ou tube à électrons.

La première triode
l'Audion de Lee De Forest, 1906

La lampe que nous retrouvons dans nos amplificateurs est née au début du XXe siècle grâce aux découvertes de l’anglais John Ambrose Fleming et à l’américain Lee De Forest. Ce composant connaît une évolution constante qui atteindra son apogée dans les années 1950 et 1960 avant d’être détrônée par le transistor qui assure un rôle similaire d’une façon bien plus économique.

Intéressons-nous aux tubes que nous pouvons trouver dans nos amplis, rassurez-vous, nul besoin d’être doctorant en physique nucléaire pour lire la suite.

Comment ça marche ?

La lampe, malgré son nom, ne vous permettra pas de lire le soir au lit, elle possède un filament tout comme une ampoule d’éclairage classique, mais celui-ci n’a pas vocation à éclairer et se contente de chauffer, permettant ainsi au tube électronique de fonctionner. C’est un composant électronique constitué de plusieurs éléments emprisonnés dans une enveloppe de verre (parfois en métal) dans laquelle règne un vide très poussé.

Filament incandescent d'une lampe

Une lampe est capable d’amplifier un signal qu’on lui applique, ce qui est bien pratique lorsque l’on veut amplifier un instrument de musique. Pour assurer cette fonction, le tube électronique est alimenté à l’aide de hautes tensions, de 200 V à plus de 700 V dans certains amplis, nul besoin de vous préciser de ne pas ouvrir votre ampli à lampe « juste pour voir ».

Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez jeter un œil à cette courte vidéo de 1943.

Chacun son rôle

Il existe des milliers de modèles de tubes électroniques, chacun ayant un rôle précis, en radio, en informatique, dans des radars, et même dans votre four micro-ondes… Dans nos amplis, on retrouve principalement trois types de tubes sous deux formes : octal (huit broches) et noval (neuf broches).

De gauche à droite : lampe redresseuse, deux tubes de puissance et trois préamplificateurs

Un tube est constitué de plusieurs éléments qu’on appelle des électrodes. Lorsqu’il y a deux électrodes, on parle d’une diode, quand il y en a trois, c’est une triode, cinq, c’est une pentode… Facile !

Note : les références sont données comme ceci : référence américaine (référence européenne).
Ce sont, bien sûr, exactement les mêmes tubes, seule la référence change selon le pays de fabrication.

Alimentation

Le tube redresseur, ou parfois rectifieuse est une double diode. Son rôle : permettre d’alimenter en électricité votre ampli en transformant le courant alternatif délivré par votre prise secteur en courant continu.

On trouve ce tube dans des amplis comme le Fender Champ, le Fender Deluxe Reverb, le Mesa Boogie Dual Rectifier ou encore le Vox AC30. Cette lampe, au-delà de son rôle, est connue pour créer une compression naturelle dans le son lorsque l’ampli est joué à fort volume. Les références les plus utilisée dans nos amplis sont les suivantes : au format octal la 5Y3, la 5U4 et la 5AR4 (GZ34) et au format noval, la 6CA4 (EZ81) et la 6X4.

Le Fender Deluxe Reverb est équipé
d'un tube redresseur 5U4GB ou GZ34 selon les versions.

D’autres amplis comme le Fender Twin Reverb ou le Marshall Super Lead 1959 n’utilisent pas ce genre de tube qui est remplacé par un composant plus moderne, la diode au silicium.

Attention, on peut parfois lire qu’on peut s’amuser à intervertir des types de lampes redresseuses pour changer le son, c’est une pratique qui risque de détruire le transformateur d’alimentation de votre ampli, si vous n’avez pas suffisamment de connaissances en électronique, ne risquez pas le feu d'artifice accompagné d'une facture de réparation salée, à proscrire donc.

Préamplification

Ce sont les tubes qui ont pour rôle l’amplification du signal créé par les micros de nos guitares, autant dire que ce sont des signaux très faibles. Vous pouvez facilement tester différents tubes de différentes marques sur votre ampli afin de trouver le son qui vous convient le mieux.

De gauche à droite : 12AX7 (noval) et 6SL7 (octal)

Ce rôle est assuré la plupart du temps par des références au format noval comme la 12AX7 (ECC83), la 12AT7 (ECC81) ou la 6CF8 (EF86). On trouve dans de vieux amplis comme l’Ampeg B-15 ou le Fender Dual Professional des références anciennes au format octal comme la 6SJ7, la 6SL7 ou la 6SN7.

Puissance

Pour faire bouger le ou les haut-parleurs, il faut muscler le son, ce rôle est confié à des tubes qui vont récupérer le signal préamplifié précédemment et lui donner de la puissance. Il existe deux configurations principales dans un ampli à lampes : le single ended (un seul tube de puissance) ou le push-pull (une paire, un quartet ou un sextet de lampes de puissance).

On utilise ici plusieurs références comme la 6L6, la 6V6, la 6BQ5 (EL84), la 6CA7 (EL34) ou la KT88.

Le changement de ces tubes doit, la plupart du temps, être effectué par un professionnel pour assurer un fonctionnement optimal de votre ampli.

Le futur ?

Il ne faut pas se leurrer, du point de vue de l’électronicien le tube électronique est un ancêtre à éliminer, comparé aux transistors : il n’est pas fiable, fragile, il consomme des quantités phénoménales d’énergie pour un rendement final très faible. La lampe a même failli disparaître au milieu des années 80.

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C’est pourtant grâce à des passionnés de musique comme le fondateur d’Electro-Harmonix qu'il existe toujours des lieux de production principalement situés en Europe de l’Est et en Chine. En Russie sont fabriquées les lampes de marque Sovtek qui sont proposées sous différents noms de fabricants historiques comme Tung-Sol ou Mullard.

Le débat est sans fin entre puristes de la lampe et musiciens plus pragmatiques pour savoir quel son est le « meilleur », quoi qu’il en soit l’amplification à lampe semble avoir de beaux jours devant elle, il n’y a jamais eu autant de modèles d'amplis proposés sur le marché qu’à l’heure actuelle.

Si le génie de la lampe vous habite, n’hésitez pas à fouiller Reverb de nombreuses merveilles vous attendent aux quatre coins de la planète.

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