Interview avec Anasounds : les pédales niçoises

Anasounds, c’est la marque de pédales boutiques niçoises qui fait le fuzz… pardon, le buzz. D’inspiration vintage et parées d’une jolie plaque en bois gravé, les huit références proposées commencent à investir de plus en plus de pedalboards. Entretien avec Alexandre Ernandez, co-fondateur de la marque.

Anasounds a trois ans et compte déjà plus de 12 000 fans sur sa page Facebook. À quoi ressemblaient les débuts ?

Alexandre Ernandez, co-fondateur de la marque.

Anasounds a été fondé par deux personnes, Magali Goullet et moi-même. Les premières pédales qu’on a sorties provenaient directement de mon pedalboard. À l’époque, je faisais des études d’ingénieur en électronique et, n’ayant pas de gros moyens, je me suis fabriqué mes propres pédales en m’inspirant de créations existantes : Klon Centaur, Tube Screamer…

Une fois que mon pedalboard a été complet, je me suis intéressé à celui des copains [rires]. Le design alliant du bois et du métal est une idée de Magali. Nous sommes très complémentaires sur le développement de l’entreprise qui compte aujourd’hui cinq personnes.

Comment t’y prends-tu pour tirer ton épingle du jeu dans le marché de la pédale boutique ?

On est souvent sur la route pour essayer de développer la marque. Là, je reviens tout juste d’Italie. Plus tôt, j’étais au NAMM de Los Angeles, et bientôt je serai en Allemagne.

Notre volonté est d’être à l’écoute des personnes qu’on rencontre et d’analyser leurs besoins sonores. Qu’est-ce qui ne se fait pas encore aujourd’hui et qui aurait du sens ? On tente de répondre à cette question.

Sur la toile, plusieurs artistes ont réalisé des vidéos promotionnelles avec des pédales Anasounds : le français NeoGeofanatic, l’espagnol Alberto Barrero Juez, l’italien Salvatore Pecoraro. C’est un échange de bons procédés entre vous ?

On est toujours ouvert aux propositions. Quand un YouTuber nous contacte pour réaliser une démo, c’est dans notre intérêt de lui envoyer une pédale pour qu’il fasse un test. Quelqu’un comme NeoGeofanatic est guidé par la passion de la musique. Au final, il n’imaginait pas qu’on lui offrirait les pédales !

D’où vient l’idée des mini-potards – les trimpots – à l’intérieur des boitiers permettant de sculpter encore plus le son, et qui viennent en complément des potards habituels ?

J’avais déjà vu des trimpots sur certains produits. En règle générale, une fois que le voicing de la pédale a été défini par le fabriquant, l’utilisateur ne peut plus revenir en arrière. Chez Anasounds, on souhaite proposer au musicien d’interagir directement dessus pour lui offrir une palette sonore encore plus large.

Photo de classes des huit références Anasounds : Utopia, Phase Lag, Freq Up, Savage, Cerberus, Feed Me, Bitoun Fuzz et le Bumper.

Quelles ont été les premières réactions lorsque tu as dévoilé ton modèle de fuzz, la Feed Me, qui n’a aucun potards visibles ?

Les gens sont sceptiques au début mais, dès qu’on leur montre que les six réglages sont facilement accessibles en ouvrant le boitier, alors ils comprennent la philosophie du produit.

Quelque part, il suffit de régler une seule fois les trimpots comme on le souhaite. Ensuite, on n’a plus qu’à jouer. Quoi qu’il se passe sur scène, jamais ils ne bougeront.

Avec le guitariste Julien Bitoun, c’est votre passion commune pour la fuzz qui est à l’origine du modèle signature que vous avez conçu ensemble. Comment ça s’est passé en amont ?

La Feed Me (fuzz) et ses cinq trimpots réglables, situés à l’intérieur du boitier.

Julien, qui est aussi manager du magasin Woodbrass Deluxe, est l’un des premiers à nous avoir fait confiance lorsqu’on s’est vraiment lancé dans l’aventure, à l’hiver 2015. Il est d’abord tombé amoureux de la Savage [copie de Klon Centaur].

La Feed Me lui plaisait bien mais ce n’était pas le son qu’il recherchait. Il m’a donné quelques infos sur la pédale qu’il utilisait souvent sur scène – une copie de Super Fuzz – mais qui manquait d’un peu de pêche et de graou. Je lui en ai fait une reproduction et quand je suis repassé le voir, le résultat ne sonnait toujours pas assez bien.

On a alors placé la Feed Me juste avant : le son était vraiment énorme mais vraiment incontrôlable. Mon boulot a été de faire cohabiter les deux fuzz en une seule pédale, et c’est devenu la Bitoun Fuzz.

Laquelle des pédales Anasounds rencontre le plus de succès ?

La Savage a très bien marché. Aujourd’hui, elle se fait bien rattraper par l’Utopia – notre delay – depuis qu’il y a eu une démo sur ProGuitarShop. En gros, sur les 2000 pédales que nous avons produites en 2016, on a vendu entre 300 ou 400 exemplaires de chacune de ces références.

Tes pédales sont fabriquées en France et vendues entre 185 et 229 euros – hormis le buffer. De quel œil vois-tu la stratégie de certaines marques qui proposent des produits à moindres coûts fabriquées en Asie ?

En dessous d’un certain prix, on ne peut pas avoir de la qualité. C’est sûr que nos tarifs peuvent refroidir mais, dans le créneau des pédales boutiques, on se situe plutôt dans la tranche basse par rapport des marques qui proposent certains produits avoisinant les 300 euros. Nous sommes attachés à ce que nos pédales soient fabriquées à la main, en France, avec des composants de qualités.

Tu as participé à ton premier NAMM Show cette année. Que retiens-tu de cette grande messe des professionnels de la musique ?

D’abord, je remercie encore Reverb pour nous avoir accueilli sur leur stand avec un de nos pedalboards [rires]. Pour le moment, deux distributeurs américains sont intéressés par nos pédales, nous sommes en pourparlers. J’espère pouvoir les annoncer très bientôt.

À l’intérieur des pédales…

Sur quels projets travailles-tu actuellement ?

Après plus d’un an de réflexion et plusieurs prototypes réalisés, on s’apprête à sortir un compresseur. Exclue Reverb [rires] !

On est parti du principe qu’il n’était pas toujours évident de trouver un réglage de compression optimal. Alors on a inventé le compresseur à un seul potard avec un réglage de blend qui agit sur le taux de compression, tout en conservant la dynamique du son. Et comme il sera très simple d’utilisation, on l’a appelé le Lazy Comp [rires].

Enfin, on travaille sur une nouvelle gamme de pédales en kits, à monter soi-même, qui permettra d’avoir la qualité Anasounds à un prix plus attractif.

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