Rencontre avec le groupe nantais Inuït

Nantes est aussi connue pour son éléphant que pour sa scène musicale bouillonnante qui a accouché de groupes plus prolifiques les uns que les autres ces dernières années.

Porté par la voix hypnotique de Coline, le groupe travaille une musique stratosphérique animée par le juste dosage d’un savant mélange de gros synthétiseurs, de cuivres et de batterie.

Inuït - Photo par Paul Rousteau

Vous êtes un groupe nantais, qu’est-ce que vous pensez de la scène nantaise actuelle ?

Nantes est vraiment un terreau fertile pour de nombreux artistes, beaucoup de groupes émergent dans cette ville. Actuellement, on a le même tourneur que Lenparrot, un projet solo de pop minimale qui nous parle vraiment.

Ce qui est assez fou avec la scène nantaise, c’est cette capacité à investir des lieux parfois improbables comme le Blockhaus sur l’île de Nantes, on peut y retrouver pas mal de musiciens qui proposent de vraies performances de musique expérimentale.

Pour ce premier EP, quelle a été votre volonté en terme de choix artistiques ?

Pour nous le plus important était de pouvoir réussir à enregistrer une musique normalement taillée pour live. On adore travailler face à notre public, essayer de nouvelles choses, retourner bosser ensembles, peaufiner les morceaux avant de les proposer à nouveau sur scène, c’est un peu comme un cercle vertueux. Ça semble assez simple comme ça, mais pour bosser l’EP, c’était un vrai défi.

Inuït - Photo par Ben Pi

Vos clips sont vraiment soignés, vous travaillez comment à leur élaboration ? On peut attendre de nouvelles choses avec la sortie de l’EP ?

Travailler ce type de support est de plus en plus important à nos yeux, ça nous permet de proposer une musique qui est à la frontière entre le studio et la performance live. Pour ce nouvel EP, on est en train de travailler sur de nouvelles vidéos, chaque morceau sera, au final, accompagné de son clip, c’est devenu quelque chose de vraiment lié à notre musique.

Il se dégage une énergie assez incroyable de vos morceaux qui sont sculptés à grands coups de synthés, de batterie et de cuivres, vous pouvez me parler un peu plus du matos qui vous permet de créer ce son ?

Dans le groupe, Rémi s’occupe de la partie guitare en bossant avec un Dave Smith Mopho, c’est un synthé analogique équipé de quatre voies de polyphonie, c’est un peu un genre de bébé Prophet. On utilise également un Moog Sub Phatty pour faire la basse et certains leads. Le ladder du Moog rapporte une espèce d’acidité dans le son que n’a pas du tout le Mopho, ils se marient super bien.

Ensuite, on ajoute des cuivres, on a un saxophone et un trombone qui du coup viennent créer une sorte de paysage sonore qui va venir lier les cuivres et les synthés. On cherche à rendre le synthé organique et les cuivres électroniques, on cherche à rompre les barrières au final. Simon, qui est à la batterie, à laissé ses toms à Pierre et Pablo, on arrange notre musique comme ça, en interconnectant les uns les autres.

Vous avez des artistes en particulier qui vous inspirent au niveau de l’utilisation qu’ils font de leur matériel ?

Sans tourner autour du pot : Boards of Canada, à chaque fois qu’on est à la recherche d’un nouveau son de synthé, c’est dans les sons de ce groupe qu’on puise notre inspiration sonore. On a également une approche très « jazz » de la manière dont on compose nos morceaux.

Au niveau du matériel, vous êtes plutôt vintage ou innovation dernier cri ?

Roland Space Echo RE-201

Le vintage c’est vraiment cool à utiliser en studio, mais ce n'est pas le plus pratique à utiliser en live, les vieux synthés peuvent se désaccorder, ça reste du matériel fragile, mais qui a toute sa place dans notre musique lorsqu’on enregistre, sur l’EP on a beaucoup utilisé une chambre d’écho à bande Roland Space Echo par exemple, ce n’est pas le genre de machine qui supporte très bien la scène.

Vous connaissez Reverb.com ?

Carrément, d’ailleurs Alexis qui est aux claviers, l’utilise régulièrement pour lire des articles, regarder des démos. Il est même à la recherche d’une basse assez rare qu’il a pu trouver sur Reverb, une Fender Musicmaster short scale.


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