La malle aux trésors n°4 : les guitares de légende de Matthieu Lucas

Ce quatrième épisode de notre série la Malle aux trésors nous entraîne à la découverte de trois Gibson exceptionnelles qui viennent de rejoindre sa collection.

Si vous n’avez pas eu la chance de voir les autres épisodes de cette série, vous les retrouverez par ici.

Gibson SJ-200

Natural, 1951

J’ai trouvé cette guitare il y a très peu de temps. Je l’ai achetée à Keith Nelson, le guitariste de Buckcherry qui est un groupe très connu aux États-Unis. C’était sa SJ-200 de studio, mais aussi de scène. Il a composé, joué et fait beaucoup de concerts avec elle.

Pour moi, les Gibson J-200 sont des guitares assez compliquées. Il est très rare de tomber sur un modèle qui sonne vraiment bien. À chaque fois que je suis aux États-Unis, je fais en sorte d’en essayer un maximum pour en trouver une qui pourrait correspondre à mes attentes. Ça a été le cas, il y a peu de temps, avec une autre J-200 Sunburst de 1964 dont nous avions déjà parlé ensemble.

Celle-ci a vraiment un aspect plus classique que j’aime beaucoup. J’adore la tête « singer » avec son liseré à l’arrière du manche, c’est assez rare. Le dos est également magnifique, en érable « birdseye ». Au niveau du son, elle est très sèche, elle a un côté « piano » avec une grosse projection sans être trop folk.

Don Ridgway et la SJ-200

Ce qui m’a vraiment touché, c’est que je peux remonter son histoire jusqu’en 1951, l’année de sa fabrication.

Elle appartenait à un musicien de country, Don Ridgway, qui l’a utilisée jusqu’à sa disparition en 2006. C’était d’ailleurs l’un des meilleurs guitaristes de country de l'Oklahoma. Il a même connu une véritable gloire locale à l’époque.

C’est ensuite Keith Nelson qui a racheté cette guitare dans un magasin avant de l’utiliser jusqu’à maintenant. J’en suis donc l’heureux troisième propriétaire !


Gibson Les Paul Junior

TV Yellow, 1959

C’est vraiment LA Les Paul Junior à la Keith Richard ou à la Johnny Thunder comme on dit dans le monde de la guitare. Ces deux guitaristes ont donné ses lettres de noblesse à un modèle Gibson considéré à l’époque comme d’entrée de gamme.

Mais ce qui fait sa rareté, c’est sa finition Custom Color qui était une option assez chère à l’époque. Ce TV Yellow, comme son nom l’indique, était fait pour mieux passer à la télévision, sur les écrans des ménages de l’époque. On peut aussi noter le pickguard tortoise, plutôt rare sur ces modèles. Au final, très peu d’exemplaires de ce modèle ont été fabriqués avec toutes ces caractéristiques réunies.

En général, ces modèles étaient commandés directement à Gibson pour des musiciens pro. Bien sûr, il existe des modèles encore plus rares de la Junior, dans des finitions Factory Black ou Factory Sunburst complètement introuvables. Mais avec cette finition, on est déjà pas mal dans l’instrument d’étudiant vraiment rare.

Quand on voit cette guitare, on voit que Gibson, tout comme Fender à l’époque, était à l’écoute des musiciens. Nous sommes à la fin des années 50, la Les Paul de base ne se vend plus très bien. Les guitaristes veulent plus d’accès aux aigus. La réponse de Gibson est là, deux ans avant la sortie de la future SG en 1961.


Gibson ES-335

Sunburst, 1958

C’est certainement l’une de mes préférées. Les ES ont toujours fait partie des guitares qui me touchent le plus. Cette 335 a une histoire vraiment incroyable. Quand j’ai commencé à me passionner pour les guitares vintage, ca a été l’une des premières que j’ai pu essayer à New-York.

C’est Rudy, du magasin Rudy’s Music sur Broome Street à New-York qui me l’a personnellement apportée. C’était pourtant un trajet de plus d’une bonne heure de marche pour lui. La guitare sonnait, comme aucune autre ES-335. Malheureusement, je n’avais pas l’argent pour me l’offrir. C’est un ami à moi qui a donc décidé de l’acheter, sur mon conseil.

Très peu de temps après son retour en France, il a décidé de la revendre à un acteur et comédien français.

De mon côté, j’étais toujours à la recherche d’une bonne ES-335, mais impossible de mettre la main dessus. La fameuse 335 traînait en fait sous un lit, pratiquement pas jouée. Ça me fendait le cœur. J’ai fini par réussir à la racheter il y a quelques mois.

Elle a vraiment le meilleur micro manche que j’ai eu l’occasion de tester. C’est un micro qui vient d’une ES-345 de 1963, un « early PAT ». En position chevalet, c’est le PAF d’origine.

L’accastillage provient de la même ES-345 de 63, le musicien qui avait la guitare à l’origine voulait que sa 335 ressemble à une 345. Au final, c’est vraiment une guitare complètement unique, et je ne veux surtout pas la modifier.

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