Interview : Miossec, un passionné de matériel

En maintenant plus de vingt ans de carrière Christophe Miossec a publié pas moins de onze albums, dont son premier Boire, sorti en 1995 et toujours considéré comme un élément fondateur de la « nouvelle vague de la chanson française ». Depuis le Brestois de naissance continue de distiller son univers au travers d’albums tous plus riches les uns que les autres. Son dernier opus Les rescapés est d’ailleurs sorti en septembre dernier.

Grand utilisateur de Reverb et féru de matériel de musique, Miossec a bien voulu se prêter au jeu de l’interview matos en notre compagnie.

   
Miossec par Julien T. Hamon

Si un instrument devait définir ton dernier album Les rescapés ?

Ce serait le Roland SH-1000, c’est le premier synthétiseur monophonique fabriqué par la marque. Il devait à la base accompagner les pianistes pour travailler à la maison. Le SH-1000 avait été pensé pour être posé au-dessus du piano. C’est vraiment un instrument qui m’a aidé à définir cet album.

Après 11 albums et une carrière riche, on a forcément des anecdotes en tête, une en lien avec du matériel de musique ?

Il y en a plein ! J’aime beaucoup les anecdotes qui parlent de matériel par cher qui sonne mieux que du matériel hors de prix…

Tu as un exemple en tête ?

Sur mon premier album, j’ai utilisé une guitare Norman acoustique vraiment de base pour ne pas dire bas de gamme. Elle sonnait tout simplement mieux que certaines belles guitares qu’on pouvait alors croiser en studio.

J’ai lu quelque part que les paroles de groupes comme PNL t’impressionnent, tu as d’autres noms en tête ?

Sans hésiter : Aya Nakamura avec son morceau « Djadja », la lecture de ses paroles, c’est tout simplement génial. En ce moment, j’adore écouter des chansons en français où je ne comprends rien, c’est ça qui me plaît ! De devoir aller trouver et lire les paroles pour essayer de décrypter, c’est trop bien.

Pour en revenir à PNL, c’est vraiment au dessus du lot. Que ce soit en terme de production, la cohérence de leur musique… C’est un tout quoi. C’est assez monstrueux.

Il y a toujours un petit parfum du large et des côtes bretonnes que tu affectionnes dans tes morceaux, quelle inspiration est-ce que tu puises dans cette culture ?

C’est un truc de fou, je ne sais pas si c’est lié la génétique, mais mon rythme naturel, c’est le trois temps, le ternaire. Souvent je compose en trois temps et je dois vraiment faire un effort pour caler ça ensuite dans un quatre-temps bien européen, français, occidental pour sortir de mon trois temps tribal, ce ternaire celtique. J’arrive à plus être en place sur du trois temps.

   
Miossec - Les rescapés

Sur la pochette de Les rescapés j’aperçois un vieil ampli, qu’est-ce que c’est ?

Ce n’est pas un ampli, c’est ma boîte à rythmes italienne Elka préhistorique. C’est sommaire, très basique, mais j’adore, elle offre une vraie petite magie. Elle est vraiment pratique, tu peux la configurer comme tu veux, mettre du tom, de la charley, en enlever… j’adore elle offre une vraie petite magie.

Quel lien as-tu avec le matériel ?

C’est marrant, mais j’aime beaucoup les instruments qui n’ont pas fonctionné, qui n’ont pas rencontré le succès à leur sortie. Le SH-1000 est un bon exemple, ce Roland n’a pas connu le succès.

J’aime aussi beaucoup des guitares dédaignées par beaucoup, les Aria Pro II Tri-Sound. La lutherie est absolument magnifique, elles étaient produites au Japon chez Matsumoku. L’électronique de cette guitare la fait ressembler à une vraie usine à gaz, mais elle permet d’obtenir une palette de sons assez incroyable et d’envoyer du gros bazar. Je branche ça dans un vieil ampli Selmer et c’est le bonheur.

On est d’ailleurs tous devenus un peu maniaques avec ça, on a tous des Selmer sur scène. C’est à cause d’un mec de Rennes, Bailly, c’est lui qui nous a donné le virus.

Miossec par Yann Orhan

Dans les Inrocks de septembre dernier, alors rédacteur en chef pour l’occasion, tu as décidé de parler de Reverb. Pourquoi ce choix ?

Pour moi, c’est une vraie offre spécialisée et ça sort de Ebay où on tombe souvent sur de mauvaises surprises et où il faut aussi rester vigilant. Ça sort de Leboncoin aussi il y a eu une période d’or pour ce site, mais c’est fini. En tout cas, on n’y fait plus de bonnes affaires, c’est même l’effet inverse et le moindre torchon vintage est vendu une fortune, ça ne marche plus.

Qu’est-ce qui t’as a plu ici par rapport à d’autres plateformes ?

On sait qu’on a affaire à des musiciens et à des passionnés et ça, ça change tout.

   
Danelectro Doubleneck de 1959

Qu’est-ce qu’on trouve dans les favoris de Miossec ?

Il n’y a pas longtemps je me suis pris de passion pour la marque Maestro. J’adore leur modèle Rythm’N Sound, j’en ai un que je joue à la maison. Je trouve ces instruments aussi particulièrement beaux, le futur à l’époque était souriant plein de couleurs. Aujourd’hui c’est sombre et froid quand tu regardes le matériel qui sort.

Des boutiques à suivre en particulier ?

Je vais souvent faire un tour sur la boutique de Soundgas, il est cher, mais c’est du vrai cher qui marche. Pas un truc qui te coûte une fortune et qui ne fonctionne qu’à moitié.

Une lecture sur Reverb qui t’as marqué dernièrement ?

Ouais, je lis souvent les articles Reverb, j’ai beaucoup aimé l’article sur le studio Kerwax, c’était vraiment passionnant. J’ai aussi lu l’interview de Benoît de Vintage Guitars qui est un mec que je vois souvent et à qui j’ai acheté une Danelectro double manche. J’adore l’utiliser pour enregistrer.

Si tu devais définir rapidement Reverb ?

Plaisir des yeux, joie d’offrir et de recevoir.

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