Boutique à l'honneur : Guitars Addicts

C’est au fond d’une petite cour d’immeuble du XIe arrondissement de Paris que se trouve la boutique Guitars Addicts. Georges est aux commandes de cette petite échoppe atypique qui attire tous les amoureux de guitares, d’effets et d’amplis rares fabriqués aux quatre coins de la planète.

Nous avons eu l’occasion de visiter l’endroit lors de nos sessions Malle au trésor en compagnie du collectionneur Matthieu Lucas.

Comment est né Guitars Addicts ?

Avant d'avoir une boutique, j’ai commencé par travailler chez moi il y a maintenant presque dix ans, j'importais alors une marque qui s'appelle G-Lab. C’est une entreprise polonaise qui fabrique principalement des switchers, mais aussi quelques effets. J’ai également travaillé à l’époque avec une marque de guitare coréenne qui s’appellait Kraken.

Je voulais d’abord être distributeur, afin de pouvoir rencontrer les responsables de magasins et leur proposer autre chose que les marques habituelles, c’était vraiment important pour moi.

À force d’essuyer des refus de la part de nombreux magasins qui refusaient de sortir des sentiers battus, j’ai décidé, il y a cinq ans, d’ouvrir ma propre boutique en région parisienne. Je voulais pouvoir être en direct avec l’utilisateur final plutôt que de devoir passer par le filtre magasin et d’être contraint de proposer uniquement certaines marques.

J’imagine qu’on ne vient pas ici pour essayer le dernier modèle de chez Fender ou la nouvelle pédale d’effet Electro-Harmonix qui vient juste de sortir ?

Effectivement, ce n’est pas le meilleur endroit, mais il y a plein d’autres magasins super pour ça ! Pour ma part, je propose de nombreuses marques qu’il est difficile de trouver ailleurs, dernièrement, ce sont les amplis russes Yerasov que j’ai fait entrer en boutique.

Ce n’est pas par volonté de proposer uniquement du matériel exotique, mais on trouve partout dans le monde des personnes qui sont pour moi de véritables artistes, c’est quelque chose qui me touche et qui fait vibrer mes clients. La démarche est, à mon sens, tout aussi importante que l'esthétique et la sonorité d'un instrument, d'un effet ou d'un ampli.

En général, ces petits artisans sont moins bons dans les domaines qui sont en lien avec la communication au niveau de leur travail et de la vente de leurs produits. Au final je suis une sorte de porte-parole de ces différents artisans, c’est une démarche qui me plaît beaucoup.

La majorité des instruments et du matériel que tu proposes sort vraiment des sentiers battus, est-ce que tu peux me présenter une marque de guitare qu'on peut trouver chez toi ?

Bien sûr ! Le luthier Mikaël Springer, qui est installé en Moselle, propose des instruments que je trouve vraiment intéressants. Il ne cherche pas à créer de nouvelles formes complètement incroyables, mais il sait travailler sur des bases solides, ce qui lui permet de proposer de très bonnes guitares.

Ce que j’aime dans son travail, c’est cette régularité dans la qualité de ses créations, le sentiment qui domine, lorsque l'on joue sur ses instruments, est celui qu’on a entre les mains une guitare fabriquée pour les guitaristes par un guitariste. Ce qui est de plus en plus rare.

J’ai également un gros coup de cœur pour un autre français, et même si je ne propose pas (encore) sa marque, il mérite vraiment d’être cité : Loïc le Pape. Pour moi, c’est le punk de la lutherie française, dans tous les sens du terme. C’est un mec qui ne se plie pas du tout aux règles de la lutherie traditionnelle : il propose des guitares en acier vraiment géniales. Avec un tel choix d’entrée de jeu : pas de surprise, certains adorent, d’autres détestent.

Et pour ce qui est des amplis et des effets ?

Mon regard se tourne de l'autre côté de l'Atlantique : pour moi, Supro propose un travail très intéressant. C’est une vraie proposition originale par rapport aux éternelles reproductions des amplis classiques Fender et Marshall pour ne citer qu’eux. Le rapport qualité prix est en plus vraiment très bon pour des amplis entièrement assemblés aux USA.

Au niveau des pédales d’effet, c’est sans hésiter JAM Pedals. C’est une marque grecque que j’ai commencé à distribuer au tout début de leur aventure il y a sept ou huit ans. Ils offrent une gamme de pédales typées analogiques qui est tout simplement extraordinaire, que ce soient les effets de modulation, des overdrives et autres.

J’aime également beaucoup, à titre personnel, Dawner Prince qui est une marque croate. Ils proposent moins de références que certains autres fabricants, mais elles sont toutes vraiment excellentes. La marque anglaise Origin Effects propose également des compresseurs, c’est d’ailleurs leur spécialité, ils ne fabriquent que ça. Autant dire que c’est LE compresseur à essayer.

Difficile de ne pas parler de G-Lab qui est la marque avec laquelle j’ai débuté. Ils proposent des switchers qui permettent de boucler ses pédales, de fabriquer ses propres presets. C’est une façon d’éviter d'avoir à danser sur scène et de jouer des claquettes pour changer ses effets.

On trouve ta boutique un peu au bouche-à-oreille, entre passionnés. Qu’est-ce qui t’a poussé à venir sur Reverb ?

Je trouve, en premier lieu, que Reverb offre un expérience conviviale et très simple d’utilisation que ce soit pour le vendeur comme pour l’acheteur. L’ensemble est clair et a de la gueule.

C’est un site spécialisé, à la différence de nombreuses autres plateformes qui ne font pas que de l’instrument de musique, on sait donc qu’on va trouver uniquement du matériel de musique, ça a un côté très rassurant. L’ouverture à l’international est également un gros atout pour moi. Quelques jours après avoir monté ma boutique Reverb, j’ai vendu plusieurs effets directement à l’étranger.


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