Il est vrai que lorsqu’on parle amplification vintage, on a rapidement des marques américaines et anglaises qui nous viennent en tête : Fender, Marshall, Hiwatt ou encore Orange. Les industriels français ont eux aussi eu l’occasion de lancer quelques marques souvent oubliées car trop dans l’ombre des géants d’outre manche et d’outre atlantique.
Pourtant, une marque résonne aux oreilles des guitaristes qui avaient la vingtaine dans les années 60 et 70 : Musique Industrie. Ces gros amplis blancs au design si particulier ont marqué toute une génération. Aujourd’hui, nous avons décidé de réunir les informations disponibles sur cette marque injustement tombée dans l’oubli le plus total pendant des décennies.
Fabriquer des amplis en France
Au début des années 60, l’un des premiers importateurs d’amplis Marshall en France est un certain Gérard Mori. Il apprécie le son de ces monstres britanniques, et leur propension à distordre à haut volume. Mais cette dernière caractéristique est également un défaut qu’il faudrait corriger. Quel être humain normalement constitué est capable de rester face à un stack Marshall de 100 W ? Que les volontaires lèvent la main.
L’idée commence à germer : pourquoi ne pas créer des amplis en France qui proposent un son de qualité à un volume utilisable ? C’est donc sur les bases d’une autre marque d’amplis et de sonorisation française « Power » qu’est fondée « Musique Industrie » ou « MI » pour les intimes.
Le premier modèle : le MI 60
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Le MI 60 est une tête d’ampli largement basée sur un modèle de la marque Power, le Power 10. Au programme, deux tubes 12AX7, une paire de tubes de puissance EL34, assurant 60 W en sortie, ou parfois de 6550 polarisés grâce à un bias fixe, et enfin un ingénieux système d’atténuation du volume à quatre positions situé en amont du tube déphaseur, permettant de faire saturer l'ampli à volume raisonnable. Système qui fera d'ailleurs la réputation du MI 60.
Par la suite, la gamme vient s’élargir et on retrouve différents modèles produits sous la marque Musique Industrie. Les premiers modèles portent d’ailleurs encore sous le logo une mention « by Power » indiquant le lien entre les deux marques dans les débuts.
Deux familles : lampes et transistors
Cela peut avoir de quoi surprendre les guitaristes du XXIe siècle, mais dans les années 60 et 70 le matériel à lampe est souvent moins onéreux que les amplis à transistors. Le transistor en est à ses débuts et il véhicule alors une image de modernité et de progrès expliquant cette situation au niveau des prix, la lampe semble un peu préhistorique.
Difficile de dresser un arbre généalogique précis de la gamme Musique Industrie, mais un catalogue publié en 1973 nous donne de précieuses informations en lien avec le matériel alors proposé.
À cette époque, du côté des amplis à lampes, on retrouve le fameux MI 60, toujours présent au catalogue et destiné à une utilisation guitare accompagné par son baffle 60 G équipé de deux haut-parleurs de 12 pouces Celestion. Le MI 100, pour la guitare basse est lui à transistors et se branche sur le baffle 100 B équipé de deux haut-parleurs de 15 pouces Celestion G15C.
On retrouve aussi deux types d’amplis : le S 80 et le SR 80 qui sont tous les deux similaires sauf une réverbération intégrée sur le modèle SR. Ce sont des amplis à transistors de 80 W au format combo équipés d’une paire de haut-parleurs de 12 pouces. Ces deux modèles se déclinent au format tête avec le T 80 et le TR 80 qu’il est possible de brancher sur le même baffle que le MI 60.
Vient ensuite la série « Traffic » qui propose les amplis à transistors 915 et 930 qu’il est possible d’utiliser avec le préamplificateur 902 afin de sculpter son son sur scène comme en studio grâce à de nombreuses possibilités. La gamme se branche aux baffles 200 GB et 150 GB qui utilisent alors des haut-parleurs de marque Fane à large bande. On retrouve également dans cette gamme le 901 qui est un equalizer permettant de « modifier le timbre du chanteur « vedette » et d’obtenir des sonorité de type Orly… » Ah ! Les années 70.
Plus tard c'est le combo à transistors « Charlie » qui fait parler de la marque, en effet c'est le célèbre guitariste Marcel Dadi qui en fait même la promotion avec sa guitare Ovation. On pourrait également parler du Minix, petit ampli de voyage qui fonctionne sur piles et qui ressemble furieusement au Pignose produit à la même époque.
Et du matériel de sonorisation
Sans rentrer dans trop de détails, la marque propose aussi à l’époque (comme de nombreuses autres type Hiwatt ou Sound City), toute une gamme destinée à la sonorisation. Au programme : table de mixage préamplifiée PMI 1006, colonnes d’enceintes RCL 1500, 1200, 700, 600 et autres consoles de mixage PM 1010.
Mais aussi une pédale d’effet !
On retrouve au sein de ce catalogue la très rare « violin pedal » qui permet d’obtenir des sons pouvant rappeler ceux d’un violon.
Celle-ci est équipée d'un footswitch marche/arrêt, un pour déclencher l’effet et un dernier pour activer le delay. Cette pédale d’effet fonctionnait, branchée directement sur le secteur.
La liste est longue ! Mais la marque va finir par sombrer dans l'oubli et seuls quelques amoureux du matériel vintage français se souviennent encore du MI 60 qui a pourtant toujours une solide réputation.
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Si vous avez d’autres informations sur cette marque française et que vous souhaitez les partager avec nous, n’hésitez pas à le faire dans les commentaires. Nous sommes également à la recherche d’autres marques françaises « oubliées » à mettre en lumière dans de prochains articles.
Pour retrouver plus de documentation sur la marque vous pouvez vous rendre sur le site musiqueindustrie.free.fr duquel proviennent les extraits du catalogue.